Communiqué de presse :
Les indignés saisissent la justice contre les forcesde l'ordre : pour défendre nos droits en justice comme sur les places publiques et faire en sorte que la loi soit respectée par ceux qui sont censés la faire appliquer.
L’occupation du parvis de La Défense par les Indignés aura eu lieu du 4 novembre 2011 au 16 décembre 2011, durant lesquels la création d’un lieu d’échange populaire et l’installation d’un campement citoyen a été systématiquement empêché par les charges des forces de l’ordre. (Une liste exhaustive et un résume de vidéos, images et liens, jour par jour, vous serait proposée à la conférence de presse).
Le 16 décembre, nous avons été expulsés puis quotidiennement dispersés et empêchés de nous rassembler sur le parvis de la Défense. Certains d'entre nous ont subi des traitements violents et dégradants. Une vingtaine d'indignés ont été arrêtés, mis en garde à vue, et sont convoqués devant le délégué du procureur pour rappel à la loi ou avertissement à partir du 16 janvier. Nous serons présents et solidaires à leurs côtés. L’avocate Me Plaza les défend.
Face à ces violations manifestes de nos droits et face à ces intimidations, nous ripostons sur le plan juridique.
Nos valeurs et nos attitudes relèvent des droits fondamentaux, consacrées par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ainsi que par la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Nous avons déposé une plainte pour "entrave à la liberté de rassemblement et d'expression, atteinte aux personnes, à leur dignité, à leurs biens, intimidations, coups et blessures, chantage, gazage à bout portant dans les yeux..." auprès du Procureur de la République de Nanterre afin de faire condamner nommément les responsables et permettre à l’avenir une liberté effective de rassemblement.
Plus exactement nous portons plainte pour :
- entrave à la liberté d’expression,
- atteintes volontaires à l’intégrité physique de la personne,
- vols,
- destructions de biens,
- discrimination du fait du refus de recevoir les plaintes,
- propos injurieux.
Nous avons aussi engagé un référé liberté pour demander au juge administratif d'enjoindre à l'autorité préfectorale de cesser de porter atteinte aux libertés fondamentales. Le juge a confirmé qu'à défaut d'arrêté préfectoral d'interdiction, notre rassemblement déclaré était autorisé. Toutefois il n'a pas jugé recevable la requête car nos nombreux témoignages émanaient des indignés et non de personnes en dehors du mouvement. Considérant que le tribunal aurait dû demander des explications à l'administration, nous avons décidé de nous pourvoir en Cassation auprès du Conseil d'Etat.
Qui sommes-nous ?
Nous sommes des personnes simples et ordinaires. Parmi nous, certains se considèrent progressistes, d’autres plutôt conservateurs. Nous sommes athées, agnostiques ou croyants. Certains ont des idéologies affirmées, d’autres sont apolitiques. Mais nous sommes tous préoccupés et indignés par la situation politique, économique et sociale actuelle.
Nous dénonçons les manipulations et les injustices de tout type et nous voulons construire une voie pour sortir de la crise internationale sans violence.
Nous valorisons le respect de chacun, la coopération, les relations humaines, la créativité et l’intelligence collective en tant que piliers pour instaurer une véritable souveraineté du peuple. Notre mouvement est un processus pour construire l'autodétermination.
Pourquoi faire respecter nos droits ?
Parce que le mouvement fait grandir la vague d’espoir qui s'exprime partout dans le monde. Ce mouvement est international et pleinement politique mais a-partisan, horizontal et non violent.
Les forces de l'ordre font un usage abusif de la violence à l'encontre de notre mouvement pacifique. Les vidéos sur internet en témoignent largement.
Faire respecter nos droits c'est empêcher qu'on nous fasse taire. Nous sommes les "99 %", quand nous ne sommes pas respectés, ce sont tous les citoyens qui sont attaqués.
Vous pouvez télécharger
Cordialement.
Les indigné-e-s de Paris, Mouvement Démocratie Réelle Maintenant.
